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Les5erreursquefontpresquetouslesvendeurs(etcommentleséviter)

Février 20265 min de lecture

Quand un propriétaire décide de vendre, il ne manque ni d'énergie ni de bonne volonté. La plupart font les choses sérieusement. Et pourtant, je vois toujours les mêmes erreurs revenir.

Le problème, ce n'est pas le manque d'implication. Le problème, c'est que le marché 2026 à Paris est plus exigeant qu'avant.

Voici les cinq erreurs les plus fréquentes, et surtout comment les corriger.

1) Confondre prix souhaité et prix de marché

C'est l'erreur la plus coûteuse.

On regarde ce qu'on veut obtenir (ce qui est normal), puis on construit le prix autour de cette cible. Le marché, lui, raisonne autrement : emplacement, état, étage, charges, DPE, tension locale, comparables récents.

Un prix trop ambitieux ne "teste" pas le marché : il coupe la demande. Et quand le bien reste en ligne trop longtemps, les acheteurs deviennent méfiants.

  • Utiliser des références de ventes récentes, pas seulement des annonces actives.
  • Se donner une zone de prix réaliste, puis choisir un point d'entrée défendable.
  • Ajuster vite si les signaux sont faibles (peu d'appels qualifiés, peu de secondes visites).

2) Penser qu'une annonce suffit

Aujourd'hui, la visibilité seule ne suffit plus. Un bien peut être vu et ne pas être choisi.

Pourquoi ? Parce que les acheteurs comparent à grande vitesse. S'ils ne comprennent pas immédiatement la valeur du bien, ils passent au suivant.

  • Clarifier le positionnement du bien en une phrase.
  • Soigner les photos (lumière, cadrage, ordre logique).
  • Écrire une annonce qui répond aux vraies questions (charges, travaux, copro, lumière, environnement).

3) Multiplier les visites non qualifiées

Beaucoup de vendeurs pensent : "plus il y a de visites, mieux c'est". En réalité, des visites non qualifiées font perdre du temps et de l'énergie.

Et surtout, elles créent une fausse impression de dynamique.

  • Filtrer en amont les profils : budget, projet, délai, financement.
  • Préparer un argumentaire simple et factuel avant chaque visite.
  • Préférer la qualité des rendez-vous à la quantité.

4) Sous-estimer la partie technique

Le blocage n'arrive pas toujours à la visite. Il arrive souvent après l'offre.

Documents incomplets, sujet DPE mal anticipé, points de copro non clarifiés, financement fragile : c'est là que beaucoup de ventes décrochent.

Dans les données récentes, les vendeurs particuliers subissent davantage les échecs de compromis liés au financement.

  • Préparer le dossier documentaire avant la mise en ligne.
  • Anticiper les questions sur DPE, travaux, copropriété.
  • Vérifier la solidité financière des candidats avant d'aller trop loin.

5) Négocier à l'émotion

Vendre son bien, c'est personnel. Mais négocier doit rester rationnel.

Quand la négociation part sur des impressions, soit on cède trop vite, soit on bloque une bonne offre.

  • Définir à l'avance sa marge de négociation acceptable.
  • Répondre avec des éléments concrets (comparables, état du bien, demande réelle).
  • Évaluer une offre sur trois critères : prix, financement, probabilité d'aller à l'acte.

Le vrai sujet : le prix net final, pas le prix affiché

Beaucoup de débats tournent autour de la commission. Je comprends parfaitement.

Mais au final, la vraie question est simple : combien vous reste-t-il, dans quel délai, avec quel niveau de risque ?

Un prix affiché plus haut avec une vente qui n'aboutit pas vaut moins qu'un prix un peu inférieur mais sécurisé rapidement.

En résumé

Si vous vendez en direct aujourd'hui, vous pouvez déjà gagner en efficacité avec une méthode claire :

  • Prix juste.
  • Annonce positionnée.
  • Visites filtrées.
  • Dossier prêt.
  • Négociation structurée.

Ce n'est pas une question de "vendre seul" ou "avec accompagnement". C'est une question d'exécution.

Et dans un marché sélectif, l'exécution fait la différence.

PL

Pierre-Louis Messager

Consultant immobilier créatif — Paris & Île-de-France

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